Présence partagée : la méditation en groupe

La méditation est une discipline dont il existe des traces dès le VIIème siècle dans diverses traditions religieuses en Asie, qui s’est développée au fil des siècles au sein de différents courants spirituels, avant de connaître un important essor planétaire au cours du dernier demi-siècle. Cet essor, d’abord spirituel, inclut désormais des enseignements laïques dégagés de toute référence spirituelle ou religieuse qui s’appuient sur l’éclairage d’études scientifiques, principalement les neurosciences.

Je n’entre pas davantage dans l’évocation historique de la pratique. Le sujet du grand cheminement de la méditation à travers les siècles ne me passionne pas, même si quelques grandes lignes m’en sont connues. Et c’est d’un maigre intérêt sur un site tel que celui-ci. Par souci documentaire, j’ajoute tout de même quelques rapides liens au bas de la présente page, pour celles ou ceux désireux d’en savoir davantage.

Beaucoup de participants s’intéressent peu à cette histoire, leur engagement n’est guidé que par la recherche de la pratique bien concrète de la méditation et ses bienfaits. C’est en vue de cette pratique concrète, et rien d’autre, que nous nous retrouvons ici. Tout le monde peut se joindre aux groupes de méditation que j’anime, débutants ou confirmés.

Les séances que je propose reposent sur des pratiques largement répandues, s’inspirant à la fois de la méditation zen (zazen) et de la méditation de pleine conscience (mindfulness) puisque ce sont là mes deux points d’ancrage passés. Soit une pratique majoritairement silencieuse, et une autre qui est au contraire très guidée, j’adapte ces possibilités en fonction du profil des participants selon qu’ils soient plutôt novices ou expérimentés.

Chacun peut se joindre à ces groupes de méditation selon son propre cheminement, dans une démarche de développement personnel et de mieux-être, ou dans la continuité d’une pratique spirituelle, ou les deux à la fois, tout comme celles et ceux qui tentent l’expérience sans trop savoir de quoi il s’agit. La méditation est l’art du silence et le silence est sans identité : il accueille tous les êtres quelles que soient leurs convictions et leurs buts.
La méditation ne consiste nullement à aller chercher quelque chose, mais à se laisser trouver. Tout en nous est déjà là, il ne s’agit que de créer le silence et l’espace intérieur. Ce silence est sans forme et sans identité. La méditation ne vise pas à apporter des réponses à tout, pas plus qu’elle ne cherche à combler des désirs. Elle permet de comprendre que la tristesse ou la joie sont deux états de la vie et qu’il est possible de vivre l’un ou l’autre aussi sereinement. Dans la méditation et dans la vie de pleine conscience, nous ne recherchons pas l’harmonie comme on cherche un objet perdu, mais nous tâchons de la laisser s’installer.

La pratique en groupe repose sur le partage du silence, une sorte d’anomalie face au bruit et à l’incessant bavardage du monde qui souvent nous contamine. Le reste du temps, tous les jours, le silence est dans la relation entre les êtres un facteur d’embarras. En réunion, en tête-à-tête, au repas, dans toute situation où nous sommes en relation directe et en dialogue avec d’autres personnes, le silence est un obstacle à combattre, un facteur de gêne, voire même un signe d’échec ou d’impuissance. Dans une séance de méditation, tout s’inverse, le silence est porteur de vertus. Son partage en groupe possède souvent plus de contenu que de nombreuses paroles et postures artificielles ou stériles que nous échangeons lors de nos relations sociales. Il y a un temps pour tout, et il est bien temps d’en trouver un, même modeste, pour le silence.

Si l’on pouvait observer un groupe de méditation vue d’avion, un peu à la manière de Google Maps, nous verrions un groupe de personnes absolument silencieuses et immobiles, au milieu d’une fourmilière humaine où règne l’agitation et le bruit. Qu’allons-nous donc tirer de cette incroyable situation ?

Nous apprenons à mieux identifier nos propres bavardages intérieurs, nos pensées qui répètent en boucle, heure après heure, jour après jour, les mêmes peurs, les mêmes espoirs, les mêmes préoccupations. Cette inflation des pensées est un peu à l’âme ce qu’est la surconsommation à la vie matérielle. Nous sommes souvent conscients de son caractère superflu mais peinons à nous en défaire car elle nous rassure et nous fait croire qu’elle nous rend davantage vivants. Elle vise pourtant à nous éloigner de notre être essentiel. Nous achetons des tas d’objets qui n’ont rien à voir avec nous-mêmes, imposés par une société marchande qui nous fait croire qu’il s’agit de nos propres rêves. Nos pensées parasites, un peu de la même manière, tendent à nous éloigner de notre vérité intérieure.

Ce que l’on vit lors d’une séance de méditation n’est jamais écrit à l’avance, il m’arrive de connaître de longues méditations de parfait silence, et d’autres fois d’être envahi de pensées ou émotions diverses. C’est le lot de tout méditant. La méditation ne consiste pas à se bagarrer avec ces dernières ou vouloir les éliminer (c’est généralement impossible), mais à en devenir le spectateur au lieu d’en être le jouet. Nos émotions, qui devaient nous aider à nous réjouir de nous sentir vivants, deviennent trop souvent nos propres ennemis.

Dans cette démarche, ne perdez pas de vue cette chose essentielle : vous vous trouvez à ce moment-là au sein d’un groupe où règne la bienveillance. L’esprit de ce groupe forme un réceptacle au sein duquel nous pouvons nous rassurer, en nous envoyant mutuellement attention et compassion.

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